Pourquoi vous devriez éviter de mettre du bois (et des branches) dans le composteur ?

Jérémy

bois dans le composteur

L’automne dernier, j’ai eu cette idée qui me semblait brillante : tailler mes arbustes et jeter toutes les branches directement dans mon composteur. Après tout, c’est de la matière organique, non ? Six mois plus tard, en ouvrant mon composteur pour préparer mon potager de printemps, j’ai eu la surprise désagréable de retrouver ces mêmes branches pratiquement intactes, alors que tous mes déchets de cuisine s’étaient parfaitement décomposés. Cette expérience m’a poussé à comprendre pourquoi le bois et les branches n’ont pas leur place dans notre composteur domestique.

Les principaux problèmes du bois dans le composteur

La première chose à comprendre est que le bois se décompose extrêmement lentement. Contrairement aux épluchures de légumes qui disparaissent en quelques semaines, les branches peuvent prendre plusieurs années avant de se transformer en compost. J’ai appris à mes dépens que seul le bois déjà en état de décomposition avancée (mou et qui s’effrite) peut être envisagé dans un composteur.

Un autre problème majeur concerne le déséquilibre nutritif que le bois provoque. Le compostage efficace repose sur un équilibre entre matières riches en carbone (matières brunes) et matières riches en azote (matières vertes). Le bois contient énormément de carbone mais très peu d’azote. En ajoutant trop de branches, j’ai créé un déséquilibre qui a ralenti tout le processus de décomposition, même pour mes autres déchets.

Ce que j’ignorais également, c’est que certains bois contiennent des substances naturelles qui inhibent activement la décomposition. C’est particulièrement vrai pour les conifères comme le cèdre, le pin ou le cyprès, qui renferment des huiles essentielles et des composés chimiques agissant comme antifongiques et insecticides naturels. Ces substances sont excellentes pour fabriquer des meubles de jardin durables, mais catastrophiques pour votre compost car elles tuent littéralement les micro-organismes responsables de la décomposition !

J’ai aussi remarqué que l’ajout de bois, surtout de conifères, avait tendance à acidifier mon compost. Cette acidité excessive nuit aux vers de terre et aux bactéries bénéfiques qui font tout le travail de transformation. Un compost trop acide produit un amendement de moins bonne qualité pour vos plantes.

bois compostage
Ici on voit bien que j’ai une couche de 30 cm de terreau et du broyat de branches et bois qui ne disparait pas depuis l’automne

Les conséquences concrètes pour votre compost

Le ralentissement du processus de compostage a été la conséquence la plus évidente de mon erreur. Alors qu’habituellement j’obtiens du compost utilisable en 4 à 6 mois, l’ajout de branches a prolongé ce délai indéfiniment. J’ai dû trier manuellement les morceaux de bois pour pouvoir utiliser le reste du compost, une tâche fastidieuse que j’aurais préféré éviter.

Les branches ont également occupé un espace précieux dans mon composteur. Avec leur volume important et leur décomposition lente, elles ont rapidement rempli mon bac, me laissant peu de place pour mes déchets de cuisine quotidiens. J’ai même dû investir dans un second composteur, un coût que j’aurais pu éviter.

Plus inquiétant encore, j’ai remarqué que les branches créaient des cavités et des abris parfaits pour les rongeurs. Un matin, j’ai eu la surprise de découvrir qu’une famille de souris avait élu domicile dans mon composteur, attirée par la chaleur et les cachettes offertes par les branches. Non seulement elles se régalaient de mes déchets, mais elles perturbaient tout le processus de compostage.

composteur avec des branches en bois

Alternatives et solutions pour les jardiniers

Alors, que faire de nos branches et déchets de bois ? J’ai découvert plusieurs alternatives bien plus efficaces. La plus simple consiste à créer une zone de compostage séparée pour les matières ligneuses, où elles pourront se décomposer lentement sans perturber votre compost principal.

Le broyage est une autre solution que j’ai adoptée, c’est ce que je fais aussi pour les ronces : le fait de broyer les ronces me permet de récupérer du BRF ! En réduisant les branches en copeaux fins, on accélère considérablement leur décomposition. J’utilise ces copeaux comme paillis autour de mes arbustes et arbres fruitiers, où ils protègent le sol et se décomposent progressivement.

Pour les jardiniers qui souhaitent absolument incorporer du bois dans leur compost, je recommande de n’utiliser que du bois de feuillus (jamais de conifères), en très petites quantités, et uniquement après l’avoir réduit en copeaux très fins. Même ainsi, attendez-vous à un processus plus lent.

Un compost réussi, sans bois ni branches

En résumé, mon expérience m’a appris que le composteur domestique n’est tout simplement pas adapté aux branches et aux morceaux de bois. Leur décomposition trop lente, les substances inhibitrices qu’ils contiennent et le déséquilibre nutritif qu’ils provoquent en font des candidats à éviter.

Aujourd’hui, mon compost est redevenu efficace et productif, fournissant à mon potager un amendement riche et équilibré. J’ai trouvé d’autres façons d’utiliser mes déchets ligneux au jardin, et tout le monde y trouve son compte : mes plantes, les micro-organismes du sol, et moi-même qui n’ai plus à lutter contre des branches récalcitrantes dans mon composteur !

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